TU ES ICITout sur le Zoo du Mont Faron / Avis négatif sur le Zoo du Faron

Avis négatif sur le Zoo du Faron


Le zoo du Faron à Toulon (Var) n'est pas inconnu de notre association. Régulièrement, nous recevons des témoignages indignés de visiteurs qui déplorent les conditions de détention des animaux, une majorité de félins. Le dernier témoignage en date, celui de M. Jérôme Le Monnier qui s'est indigné des conditions d'hébergement des animaux, nous a poussés à nous intéresser de plus près à cette fauverie. Nous avons donc lancé un appel à témoignages afin de recueillir des informations récentes sur le zoo, ainsi que des photos.

Très rapidement, nous avons été interpellés par deux personnes. D'abord, la vétérinaire Corinne Esser qui s'est émue de notre appel et a souhaité nous apporter quelques précisions sur le zoo. Il ressort de son courrier que le Dr Esser est aussi la présidente de l'association Faron-fauves. Voici un extrait de sa lettre : « Egalement présidente de l'association Faron-Fauves, qui recueille des fonds pour soutenir le Parc Zoologique, je souhaite vous apporter quelques précisions sur ce parc animalier qui a vocation de « centre de reproduction » : certains enclos, de dimensions modestes, nous permettent de surveiller de près les accouplements, la bonne entente entre deux partenaires, les proximités de mise-bas, et le déroulement de celles-ci, donc un meilleur suivi des reproductions. D'autres, notamment celui des ours, n'a pas vocation à reproduction mais il est très ancien (il date de l'ancien propriétaire) et en attente de réfection pour leur apporter plus d'espace et un terrain naturel. »
Le zoo est donc un centre de reproduction, mais à quelles fins ? Dans l'article de Nice Matin, le responsable du zoo indique que celui-ci est avant tout une ferme d'élevage.

Par ailleurs, nous nous permettons de rappeler que les photos de Jonas Livet, visibles sur son site internet (www.leszoosdanslemonde.com) datent de 2003, et il apparaît donc que la situation des animaux est demeurée inchangée en 5 ans. Pire encore, Christophe Coret, président d'AVES France, avait visité ce zoo il y a une dizaine d'années environ. A l'époque 3 ours bruns logeaient dans le même petit enclos bétonné. photos et vidéos visibles sur notre site :
http://www.aves.asso.fr/article.php3?id_article=694

Un second courrier nous est parvenu : celui d'une vétérinaire éthologue, Marie-Odile Petretto, qui a souhaité s'élever contre cette pétition. Par pétition, il faut entendre "appel à témoignages de notre association", le Dr Petretto ayant eu recours à ce premier terme tout au long de ses échanges avec nous.

Elle y a travaillé un an, en 2006, afin de terminer un mémoire de Master en éthologie appliquée. Madame Petretto défend donc le zoo en insistant particulièrement sur le but de celui-ci, à savoir sa participation aux programmes de conservation. Sans doute est-ce pour cette raison que le zoo est également un centre de reproduction. Elle reconnaît toutefois, comme le Dr Esser, que le public peut être surpris par l'aspect « épuré » du zoo, car ses dirigeants n'ont pas d'argent à perdre en « frivolités et décorations », ne voyant pas la nécessité de réaliser un « simulacre d'habitat naturel ».
Le fait est que ce n'est pas la préoccupation du zoo, si l'on en juge par ces photos : les animaux sont logés dans des espaces exigus.

Par ailleurs, nous avons également reçu ces photos d'Yves Thévenin, qui s'est rendu au zoo il y a quelques jours et dont les impressions sont plus que mitigées :
http://flickr.com/photos/styeb/sets/72157604958541828/

Il apparaît dans ces deux courriers que les animaux sont en grande majorité âgés et issus du monde du spectacle. Ces « retraités » finissent donc leur vie au zoo plutôt que d'être euthanasiés. C'est louable, mais cela permet tout de même d'attirer des visiteurs (l'entrée du zoo est payante) qui participent ainsi au financement de la structure. Il semble peu vraisemblable que ces animaux âgés soient utilisés comme reproducteurs. De la même façon, le zoo étant situé en zone classée, il lui est très difficile d'obtenir des autorisations pour s'agrandir. Où sont donc logés les animaux plus jeunes servant à la reproduction ?
Enfin, ces deux scientifiques nous assurent que le zoo de Faron est le seul parc en France à assurer cette mission.
Quelle mission ?
Recueillir des animaux en provenance de cirques ou autres spectacles. Si je devais nommer un autre parc poursuivant les mêmes buts, ce serait le refuge de l'Arche.
Participer aux programmes de conservation ? C'est ce que font la majorité des parcs zoologiques français.
Nous ne comprenons pas très bien en quoi le zoo du Faron est unique... Le zoo du Faron a contribué au programme de conservation du CERSAM, organisme qui s'attache à promouvoir l'insémination artificielle dans le but de conserver les espèces menacées en Afrique et qui a réalisé, entre autres, des prélèvements de sperme sur certains pensionnaires du zoo du Faron en juillet 2006. Un peu maigre comme contribution. Et quand bien même, cela justifie-t-il de garder des animaux captifs dans des conditions aussi déplorables ? Nous ne suggérons pas qu'il y a maltraitance, mais que les conditions de vie des animaux ne sont absolument pas adaptées.

On nous a également assuré que les animaux étaient heureux, puisqu'ils se reproduisent, et qu'ils ne développent pas de comportements stéréotypés. Nous laissons toutefois au jugement du lecteur ces photos et vidéos prises par l'une de nos adhérentes, Elena Sobakina, qui s'est rendue au Faron au cours du mois d'avril de cette année.
Ces animaux captifs passent leurs journées à arpenter inlassablement leurs petits enclos. C'est la seule activité dont ils disposent, n'ayant aucun moyen de se soustraire au public, à part retourner dans leurs cages de repos. Il nous est difficile de croire qu'une vétérinaire et une éthologue puissent affirmer de façon aussi catégorique que les animaux se sentent bien. Ces félins qui trompent leur ennui en dormant, cet ours ou cette hyène qui font les « cent pas » devant leur grillage... C'est une vie de prisonnier à laquelle ils sont condamnés.

Enfin, le propriétaire du zoo s'appuie sur la Direction des Services Vétérinaires qui ne trouve rien d'anormal lors de ses contrôles. Les associations de protection des animaux savent que la plupart des DSV se montrent particulièrement indulgentes avec les cirques et les zoos et qu'il faut parfois insister longuement avant de pouvoir les décider à pousser leurs investigations ou simplement reconnaître que les conditions de vie des animaux captifs devraient être améliorées.
L'équipe du parc souhaite agrandir ce dernier en invoquant la nécessité d'assurer de meilleures conditions de vie pour leurs pensionnaires. Nous ne sommes pas certains que ce soit une bonne solution. Permettre à ce zoo d'aménager d'autres enclos ou de s'agrandir, c'est encourager les propriétaires à poursuivre la reproduction des animaux qu'ils possèdent. Améliorer les conditions d'hébergement des animaux du zoo devrait constituer une priorité. Continuer l'exploitation du zoo, non.

Seule note positive, le Dr Esser affirme que « En ce qui concerne les ours, nous travaillons actuellement sur un programme d'enrichissement plus important de leur parc, en attendant son agrandissement. Nous veillons à ne plus les reproduire. »
AVES France va solliciter des autorités compétentes que le zoo ne soit plus autorisé à accueillir ou faire reproduire des animaux. Ce zoo devra fermer, une fois le denier animal disparu. Il n'est plus possible aujourd'hui, en France, de permettre à ce genre de petites structures de continuer à détenir des animaux sauvages dans de telles conditions. Seuls les grands parcs zoologiques ont une mission d'éducation et de conservation des espèces. Les aménagements sont conçus pour permettre à chaque espèce animale de vivre dans les meilleures conditions possibles. Le zoo du Faron est bien loin d'entrer dans cette catégorie.

Pour les photos et les vidéos, voir ici :
http://www.aves.asso.fr/article.php3?id_article=694
http://www.leszoosdanslemonde.com/html/zoo_monde/europe/zoo_france/toulo...
http://flickr.com/photos/styeb/sets/72157604958541828/

Christophe CORET
Président de l’association AVES FRANCE
Maison des associations
11 avenue Pasteur - BL n°23
76000 ROUEN
Tél. : 02.76.00.82.68 - 06.80.92.35.64
contact@aves.asso.fr

Sylvie CARDONA
Co-Fondatrice d’AVES FRANCE
Chargée de mission
Bureau local AVES FRANCE - Nièvre
A l’attention de Sylvie Cardona
16 Montbernard 58390 Dornes
sylvie.cardona@aves.asso.fr
Tél. : 06.28.08.23.46

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