TU ES ICITout sur le Mont Faron / Historique du mont Faron

Historique du mont Faron


Neufs forts du XIXème siècle, un mémorial du débarquement, voulu par le général de Gaulle et qui faillit lui coûter la vie (attentat à la jarre piégée de 1964), un zoo, centre de reproduction réputé de fauves en quasi voie de disparition et de nombreux commerces et restaurants touristiques peuplent son centre. Tout autour, la nature à l’état pur que l’on peut arpenter le long des nombreux sentiers qui la traversent. Un téléphérique, construit dans les années 60, y amènent les moins sportifs et les plus âgés d’entre nous en dévoilant les secrets des villas cossues construites sur ses pentes. La corniche Marius Escartefigue inaugurée en fin d’année 1937 passe à ses pieds.

En remontant le fil du temps, on s’aperçoit que le mont Faron, habité depuis la préhistoire, est intimement lié à l’histoire toulonnaise.

Avant sa totale désertification des années 1500, le mont était couvert de chênes verts parasités par le kermès, petit insectes dont les œufs servaient à l’industrie tinctoriale. L’avènement de la cochenille sonna la fin de cette production ainsi que la disparition de la végétation. Déforestation excessive, pâturage de troupeaux de chèvres, ruissellement des eaux de pluies, incendies ne laissèrent aucune chance à la végétation.

Entièrement replanté de la main des quelques hommes qui, durant quasiment toute la deuxième moitié du XIXème, se sont investis sur le site, le mont Faron n’est plus la montagne pelée qu’il était alors devenu. De malencontreux incendies (notamment 1987, 1999) en ont encore détruit quelques parcelles mais les services de la ville et des associations, comme tremplin ou Aladin, travaillent d’arrache pied pour en effacer toute trace.

Le Faron a longtemps assuré, par ses nombreuses résurgences, l’approvisionnement en eau de Toulon Il a certes participé à sa protection par la visibilité qu’il offrait sur le grand large permettant ainsi de prévenir les attaques sarrasines mais ses sentiers escarpés donnant accès à l’arrière pays, pas de la Masque (sorcière), pas de Leydet ou encore pas des Monges, ont longtemps été le cauchemar de ses défenseurs. Le mont a connu les sanglants combats de 1707, lorsque le duc de Savoie et le prince Eugène assiégèrent la ville et ceux non moins rudes de 1793, lorsque la ville, livrée aux Anglais et aux Espagnols, fut reprise en main par les armées de Carteaux et de Bonaparte. Il est alors devenu évident qu’il fallait le fortifier et en faire un haut lieu de la défense toulonnaise. Ce fut chose commencée sous Louis-Philippe, en 1840, et terminée sous Napoléon III par la construction de la caserne retranchée du Fort Faron dans les années 1870.

Lors de la seconde guerre mondiale, c’est par le pas de Leydet (vers la tour Beaumont) que les troupes des commandos d’Afrique entameront la reprise des ouvrages fortifiés tenus par l’ennemi allemand. Le projet de construction d’un arsenal souterrain a même été envisagé en 1945 dans la galerie principale de la source saint Antoine.

Le Faron a, plus pacifiquement, vu passer à plusieurs reprises les cyclistes du tour de France et continue de recevoir des sportifs de tous niveaux, à pieds, VTT, ou bien accrochés aux pitons plantés dans ses falaises calcaires.

Le site du Faron, classé depuis 1991, reste la montagne phare des Toulonnais. Son nom viendrait de farots : anciennes tours de guet d’où l’on émettait des signaux lumineux pour prévenir d’un danger. Il domine la ville et la rade de ses 584 mètres d’altitude. Les autres monts toulonnais, Caume, Baou, Coudon et Gros Cerveau l’entourent comme pour mieux le mettre en valeur.

Falaises blanches de calcaires, garrigues odorantes, malgré son aspect parfois aride, il recèle des trésors qu’il faut savoir trouver et apprécier. Poumon vert de la ville, sa flore explose au printemps en de multiples bouquets multicolores. Le Mont Faron est un trésor qu’il nous faut protéger afin que tous, et pour longtemps, puissent en profiter. Le Faron ça se mérite. Pas de constructions surnuméraires, pas de parcs d’attraction qui amèneraient parkings et surpopulation.

Alors soyons fier de notre montagne, prenons en soins et posons nous la bonne question : que serait Toulon sans son Faron ?


J'ai gravi le Mont Faron à vélo en 2006 , à l'âge de 72 ans. Lorsqu'on est en haut, on a bien gagné la vue superbe qui s'offre à nous sur la rade de Toulon.
Souvenir inoubliable.....